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Le marché du café, les producteurs et la communauté

Dernière mise à jour : 16 mai


Sommaire


Certes, Café Alondra vous permet de découvrir des goûts chocolatés et fruités, de retrouver le plaisir de boire un café... mais pas uniquement. Produire et consommer du café de qualité c'est ce qui permet à notre domaine caféier (finca) de se développer, de créer de l'emploi et de participer au développement de la communauté. Découvrez par la suite pourquoi et comment.

  1. Le marché du café standard

  2. Le marché du café de spécialité

  3. Quel impact sur la communauté ?

  4. Conclusion

1. Le marché du café standard


Tout d'abord, voici quelques éléments clé sur le marché du café.


Un commerce volumineux


Le commerce de café est parmi les plus volumineux de la planète. Je ne vais pas vous noyer dans des chiffres et vous parler de millions de dollars ou de milliards d'euros, retenez seulement :

  • que le café est une marchandise comparable au sucre, au blé, voire au gas naturel ou au pétrole...

  • que presque trois quarts de la production mondiale est destinée à l'export.

De ce fait, un certain nombre de pays pauvres dépendent fortement du commerce de café. Pour le Honduras, par exemple, le café représente un dixième des exportations.


Un prix variable



Qui dit marchandise dit marché, offre et demande et cours des matières premières. Voici le cours de l'Arabica depuis 2011 selon Boursorama. J'attire votre attention sur les éléments suivants :

  • Le prix du café est très variable, il peut doubler en un an et demi.

  • En 2022 le prix est historiquement élevé principalement à cause d'une réduction de la production au Brésil depuis 2021

De nombreux emplois


Le café c'est du travail pour 125 millions de personnes sur l'ensemble de la chaîne. En particulier, la production d'arabica est très demandeuse en main d'oeuvre. L'arabica est cultivé dans des terrains montagneux qui ne permettent pas la mécanisation des récoltes, contrairement au robusta qui est plutôt cultivé dans des plaines. L'arabica est donc récolté à la main et les emplois ainsi générés sont nombreux et indispensables.


Une anecdote

Grâce à des prix historiquement élevés des cours du café pendant la deuxième moitié des années 70, mon grand-père a acheté une maison à Tegucigalpa. Ses nombreux enfants (mon père, ma petite dizaine d'oncles et tantes) y ont habité tour à tour lorsqu'ils étaient étudiants. J'ai raconté cette histoire à mon partenaire torréfacteur, dont la famille est aussi dans le café depuis plusieurs générations. Il m'a répondu : "Ah oui, je me souviens bien de ces années là... à cause de ces prix, mon père a presque fait faillite !".

Cette anecdote illustre bien les conséquences des variations du cours du café. Ces années de vaches grasses pour les producteurs étaient des années de vaches maigres pour le reste de la chaîne. D'une année sur l'autre, mon grand-père produisait le même café et le torréfacteur faisait le même travail. Mais, le cours du café, bien que complètement en dehors de leur contrôle, les mettait l'un et l'autre dans des situations très différentes d'année en année.


Quelles conséquences pour les producteurs ?


Le marché du café est donc mondial et très volumineux, les cours sont très variables et des millions de familles dans les pays producteurs et dans les pays consommateurs en dépendent.


Les prix du café dépendent de facteurs qui sont loin du producteur et indépendants de ses coûts de production. Résultat : si les prix sont trop bas, le producteur ne rentre pas dans ses coûts.


Le producteur a des moyens de garantir une majoration sur le prix de son café, comme la production de café organique : le producteur va recevoir autour de 30$ supplémentaires au prix de base pour un sac de 69 kg de café organique. Néanmoins, le prix de base correspond au cours de la bourse et va continuer de varier entre 110$ (2018) et 345$ (2022),


Les maladies mettent aussi en danger le producteur et son économie. Entre 2011 et 2012, le Honduras a perdu un quart de la production à cause d'une maladie, la rouille (la roya).


Investir pour améliorer sa situation ?


Tous ces facteurs d'instabilité contribuent à l'endettement des familles de producteurs à des taux élevés. Au Honduras, 5% est un taux intéressant. Par manque d'éducation financière ou dans l'urgence, un producteur peut financer certaines dépenses avec des cartes de crédit dont les taux peuvent dépasser les 50%.


Ensemble, le manque de visibilité sur les revenus de la ferme et les difficultés pour se financer empêchent le producteur de se projeter à long terme. Dans ces conditions, il peux difficilement prendre des mesures pour réduire le risque, pour augmenter son revenu ou pour optimiser sa ferme.


En résumé


Le producteur connaît mal ses revenus futurs, peut les voir subitement réduits à cause des facteurs externes et peut difficilement se financer et investir pour améliorer sa situation. Ainsi, sa production peut mourir à tout moment, et, avec elle, les emplois qu'elle génère.


2. Le marché du café de spécialité


Ce que nous venons de décrire s'applique à neuf cafés sur dix. Le dixième restant, c'est du café de qualité supérieure et répond à des critères spécifiques. C'est du café de spécialité.


Le producteur gagne plus et concentre plus de valeur


Pour commencer, le café de spécialité est plus cher et le producteur gagne plus. Dans le marché de spécialité, le producteur peut gagner à partir de 2$ par pound (circa 450 grammes), même si le prix du marché se trouve en dessous.


De plus, le producteur de café de spécialité intègre davantage de tâches dans sa production et capte plus de valeur. Au sein de sa ferme, il peut effectuer le dépulpage, la fermentation et le séchage afin d'y apporter le plus grand soin et de préserver la qualité jusqu'au moment de la vente. Il convient de noter que certains producteurs de café standard vendent les cerises de café avant le dépulpage et ne perçoivent donc qu'une portion du prix du marché.


Le producteur est mis en avant


Dans le marché de spécialité, le producteur est mis en avant. Prenez un sac de café de spécialité, vous trouverez souvent le nom de la famille qui l'a produit et quelques mots sur leur ferme. Personnellement, j'ai commencé Alondra Café en France dans l'espoir de voir le nom de ma famille et leur métier ainsi honoré.


Dans cette logique de mise en avant du producteur, le torréfacteur connaît parfois personnellement les producteurs et visite régulièrement les fincas. Producteur et torréfacteur ou importateur ont vocation à devenir de vrais partenaires. Patrick, de CoffeeStamp à Saint Louis au Missouri est, par exemple, un ami et partenaire de longue date de la famille Giron.


L'ensemble de la chaîne et le producteur créent ensemble la stabilité


Le torréfacteur connaît ses clients et leurs goûts, il va choisir les cafés qui rentrent dans son catalogue en fonction. Une année donnée, il va chercher un café d'une certaine qualité, avec certaines propriétés gustatives. L'année d'après, il aura besoin que le producteur maintienne ou améliore la qualité et les propriétés gustatives. Dans le marché de spécialité, toute la chaîne a donc intérêt à produire de la stabilité pour le producteur.


Chaque année, le producteur va passer des accords avec importateurs et torréfacteurs sur la base des accords précédents, de la qualité et des propriétés gustatives spécifiques du café, Dans le marché de spécialité, le producteur va donc vendre à des prix plus stables.


Finalement, en cas de variation forte du cours du café, le café de spécialité sera plus à l'abri que le café standard. Les torréfacteurs, importateurs et producteurs, qui se connaissent parfois personnellement, sont plus susceptibles d'arriver à des accords qui permettent à chacun de pérenniser leur activité et la filière. En cas de baisse, cette vision protège le producteur, en cas de forte augmentation, les torréfacteurs et autres acheteurs.


Photo: Acheteurs Taiwanais à la Alondra, Benjamin Paz de Beneficio San Vicente, Miguel, Alejandro et Max Girón


Le producteur a plus de moyens d'améliorer sa situation


Le producteur a donc plus de visibilité sur ses revenus, il est mieux protégé des variations subites des cours du café, il peut donc aussi mieux financer sa ferme. Cette stabilité le rend plus crédible au moment de contracter un prêt auprès d'une banque locale et il accède à de meilleurs taux.


Dans le café de spécialité, la qualité paye. Si un producteur améliore sa qualité, grâce à des investissements ou à un prêt obtenu auprès d'une banque, il peut améliorer ses processus, obtenir des meilleures qualifications lors des dégustations et donc de meilleurs prix. En outre, il peut se former, intégrer d'autres méthodes de fermentation, construire des infrastructures pour sécher le café, entre autres.

Serre pour sécher le café


Avec les années, des relations de confiance et d'amitié se lient le producteur et le torréfacteur. A terme, ils peuvent se mettre d'accord pour expérimenter ensemble avec un processus : le producteur prévoit un certain nombre de sacs d'un processus spécifique et le torréfacteur accepte à l'avance de les acheter. D'un côté, le producteur met en place un nouveau processus à moindre risque. De l'autre côté, le torréfacteur peut obtenir un café unique qu'il mettra en avant dans son catalogue.

Processus naturel, microlot fait sur demande en 2020 à la Alondra


3. Quel impact sur la communauté ?


Il est donc dans l'intérêt des torréfacteurs et importateurs de créer des relations de confiance avec les producteurs. De la même façon, il est dans l'intérêt des producteurs d'établir des relations de confiance avec les personnes qui habitent et travaillent à la finca.


Alondra crée de l'emploi mieux payé et plus stable


La Alondra est une des principales sources d'emploi de la région de Lepaterique. Le domaine emploie 8 personnes à plein temps et entre 40 et 60 personnes au moment de la récolte (la corta).


De plus, les personnes qui travaillent dans la production du café de spécialité de la Alondra sont formées et génèrent plus de valeur. Lors de la récolte, ils sont capables de reconnaître du café à son degré de maturation idéal et trier les raisins qui peuvent être endommagés. Par la suite, ils maîtrisent les processus de fermentation et séchage : comment contrôler le degré de fermentation, les outils pour mesurer l'humidité du café, entre autres. Un employé agricole en café de spécialité génère plus de valeur et, de ce fait, gagne le double.


En outre, la formation d'un nouvel ouvrier est un investissement pour la Alondra, la finca a donc tout intérêt à pérenniser chaque emploi. Notez aussi que la formation des ouvriers est une des barrières fortes que les producteurs doivent franchir au moment où ils décident de produire du café de spécialité.



Alondra soutient les enfants de la communauté


La finca souhaite donc établir des relations de confiance avec les personnes qui y travaillent en payant mieux, certes, mais aussi en contribuant à l'éducation des enfants de la communauté.


Tout d'abord, Alondra organise régulièrement des fêtes pour les enfants. Par la suite, Alondra participe tous les ans avec des fournitures scolaires pour les enfants de la finca. En outre, deux jeunes qui ont grandi dans la finca travaillent avec Miguel Girón en tant que techniciens dans son entreprise de travaux publics et la finca finance une bourse qui permet à un jeune d'aller à l'université.

Célébration du Día del Niño (fête des enfants)


4. Conclusion


La production du café de spécialité a besoin de donner aux producteurs des conditions plus favorables et plus stables que celles du marché de café standard. Ces conditions permettent au producteur de mieux vivre et d'investir dans la finca, dans la qualité du café, de former les ouvriers et de contribuer ainsi au développement de la communauté de Lepaterique.


Si vous souhaitez échanger avec moi directement : victor@alondracafe.com. N'hésitez pas à laisser vos commentaires et impressions ci-après.

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